Il s’est produit avec l’automobile un mouvement de renversement d’une promesse de liberté en instrument de contrôle comparable à ce qui s’est produit avec le téléphone. Nous sommes ainsi devenus dépendants du « téléphone portable », un ordinateur embarqué – sur le corps, et probablement bientôt dans le corps – qui n’a plus grand-chose à voir avec l’invention révolutionnaire de Graham Bell destinée à transmettre la voix humaine via un réseau de câbles. Tout comme le « portable » n’est plus un téléphone, la voiture s’est transformée en interface connectée à des réseaux de données, reléguant le fier conducteur à un simple appendice de la machine, voire client d’une compagnie de taxis autonomes comme il en existe en Californie. Dans un même temps, on annonce la fin proche du « pétrole » – du moins en théorie – et de nouvelles expérimentations « low tech » questionnent la pertinence d’une voiture durable et conviviale. Situé au cœur des sociétés modernes et industrielles, dont elle est à la fois l’analyseur et le révélateur, la « bagnole » – comme l’appelait André Gorz – constitue un objet central de la sociologie des techniques et sera mise à l’honneur de ce séminaire STS 2026-2027. A partir d’une approche socio-anthropologique de la technique il s’agira d’offrir aux étudiants de master (sociologie et philosophie) une approche multidisciplinaire du « fait social » automobilisme, reprenant les premiers travaux de sciences humaines (Gorz, Barthes, Baudrillard…) sur nos attachements à l’automobile jusqu’à l’éthique des véhicules autonomes, en passant par les low tech.
Responsable scientifique : Frédérick Lemarchand
Vous retrouverez le calendrier des séances dans l’agenda du CERREV
